Pourquoi on découvre autant de nids en octobre

Au printemps, la reine fonde un petit nid primaire, souvent à moins de 5 mètres de hauteur. Dans la majorité des cas, la colonie déménage ensuite vers un nid secondaire plus haut, souvent à plus de 10 mètres, en cime d'arbre ou sous une avancée de toit. Caché par le feuillage tout l'été, ce nid se révèle à la chute des feuilles, au moment où il atteint sa taille maximale.

De septembre à novembre, la colonie produit les mâles et les futures reines, appelées fondatrices : environ 500 par colonie en moyenne selon le plan national de lutte. Après l'accouplement, les fondatrices quittent le nid et passent l'hiver à l'abri. Les anciens nids ne sont jamais réoccupés.

Jusqu'à quand détruire un nid ?

Le plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes (arrêté du 9 septembre 2026, publié au Journal officiel du 16 septembre 2026) est explicite : la destruction des nids détectés après le départ des fondatrices n'a pas d'utilité. Il retient la date indicative du 15 novembre, qui peut varier selon les régions. Après novembre, intervenir est inutile, voire néfaste pour l'environnement : les ouvrières restantes meurent avec l'hiver, et le couvain abandonné sert même de nourriture à certains passereaux.

En octobre et début novembre, les priorités sont donc :

  • les nids qui présentent un risque pour le public : écoles, lieux fréquentés, abords des habitations ;
  • les nids proches des ruchers ;
  • les nids encore actifs, où l'on observe des allées et venues.

Passé la mi-novembre, mieux vaut préparer le printemps. Au sortir de l'hiver, le plan recommande un piégeage ciblé des fondatrices, avec des pièges sélectifs à sélection physique (piège japonais, piège coréen à ailes, nasse à grilles Néoppi jaunes), et demande d'éviter les pièges de type bouteille, cloche ou bocal, dont la sélectivité est très mauvaise.

Particulier, commune : qui intervient ?

Particulier : ne tentez pas de détruire un nid vous-même. Une colonie peut compter plusieurs milliers d'individus, et le travail en hauteur expose aux chutes. Signalez le nid à votre mairie ou sur la plateforme de signalement de votre département, et faites appel à un désinsectiseur. Le plan national précise que la destruction doit être réalisée par un désinsectiseur qui respecte les bonnes pratiques.

Commune : le plan national est décliné en plans départementaux, à adopter dans les six mois. Ils organisent l'évaluation du danger, le signalement et la destruction ; le signalement peut passer par le maire ou par un conseiller municipal désigné. C'est le bon moment pour préparer la procédure de signalement et les consignes données aux entreprises qui interviennent sur la commune.

Le matériel pour les nids en hauteur

Pour les nids secondaires, le plan prévoit l'usage de perches télescopiques ou de drones qui injectent le produit ou de la vapeur d'eau au cœur du nid.

  • Nids bas (haies, abris, avancées de toit, jusqu'à environ 6 mètres) : une perche compacte évite de sortir l'échelle, par exemple le kit Pinocchio.
  • Nids en façade ou en charpente : une perche carbone de 9,30 mètres, soit environ 10 mètres aiguillon monté, couvre la plupart des cas, comme le kit PRISME.
  • Nids en cime d'arbre, les plus fréquents à l'automne : chaque extension carbone ajoute 3 mètres, jusqu'à 30 mètres environ selon la configuration.

La règle des applicateurs : estimez la hauteur depuis le sol et prévoyez une section de marge. Mieux vaut une section de trop que d'être court une fois sur place. À ces hauteurs, la rigidité et le poids de la perche font la précision du geste : c'est tout l'intérêt du carbone. Toutes nos perches et leurs accessoires sont regroupés dans le rayon perches télescopiques frelons.

Pour les nids situés à moins de 5 mètres, le plan cite aussi la destruction mécanique, par enveloppement ou par aspiration, et, pour les petits nids primaires, la congélation pendant 24 heures.

La protection de l'intervenant

  • Une combinaison conçue pour les frelons, plutôt qu'une tenue d'apiculteur classique : son épaisseur ou sa maille tient le dard à distance de la peau. Voir nos combinaisons anti-frelons.
  • Des gants adaptés et un écran facial, qui protège aussi des projections.
  • Une protection rigide de la tête sous la cagoule, comme une casquette coquée.
  • Un binôme au sol pour surveiller le périmètre, éloigner le public et réagir en cas de chute du nid.
  • Le bon horaire : tôt le matin ou en soirée, quand la colonie est rentrée au nid ; le plan le recommande pour les nids primaires.

Produits de destruction : ce que demande le plan national

Le plan encadre aussi le choix des produits. Il demande d'éviter les produits toxiques pour l'environnement et la santé humaine, juge la perméthrine « à proscrire » pour cet usage et réserve les tirs de billes de type paintball aux impasses techniques, en raison de la dispersion de biocides qu'ils entraînent. Selon le produit utilisé, un nid traité peut être laissé en place, à condition d'être identifié comme traité.

Le choix du produit relève du professionnel, qui suit l'étiquette et ces recommandations. Les produits réservés aux professionnels exigent le certificat Certibiocide. Des formations CertiGuêpes / Frelons et Certibiocide se tiennent dans notre entrepôt d'Angerville : consultez les prochaines dates de formation.

Ce qu'il faut retenir

  • Les nids révélés par la chute des feuilles se traitent jusqu'à la mi-novembre environ.
  • Après le départ des fondatrices, la destruction n'a plus d'utilité.
  • Priorité aux nids qui présentent un risque pour le public ou qui sont proches des ruchers.
  • Un particulier signale le nid et fait appel à un professionnel.
  • Perche adaptée à la hauteur, équipement de protection complet et binôme au sol.

Source : plan national de lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes, arrêté du 9 septembre 2026 et son annexe.

Utilisez les produits biocides avec précaution. Avant toute utilisation, lisez l'étiquette et les informations concernant le produit.